Quelques semaines à peine sans retourner vers elles et je me sens orphelin des collines qui entourent et protègent la ville. Comme pour remédier à cette carence filiale, cette longue journée de liberté m’offre une nouvelle occasion de les visiter et de les connaître davantage. Il est neuf heures. Le soleil impose déjà sa présence mais cela n’inquiète en rien mon organisme entraîné pour ce défi thermique. Avec toujours la même attention dans la tenue vestimentaire et la cargaison de mon sac, je pars en direction de la première colline de Sébénikoro, au nord-est de Bamako. Il ne faut que quelques minutes pour arriver au quartier du fleuve et atteindre le flanc de ce premier objectif rocheux. Je ne connaissais qu’un chemin jusqu’alors pour parvenir au pallier intermédiaire, quatre cents mètres plus haut, alors j’ai pris par la droite, assez tôt, afin de trouver une nouvelle voie. Il faut attentivement scruter la montagne pour trouver un passage accessible et viable. J’y parvient rapidement. À l’extrémité de la fracture verticale, un passage discret conduit au plateau où les femmes lavent habituellement leur linge, à proximité d’une petite source d’eau à l’ombre des manguiers. À cette heure-ci, il n’y a encore personne (...)